IKHÉA©SERVICES N°06 & N°30 (variante1)

IKHEA©SERVICE No. 06
Atelier H.S. : « Confiez-nous les objets de premier ordre auxquels vous désirez mettre fin! »
NOUS LE RÉALISONS POUR VOUS
Le samedi 5 octobre de 10h à 17h
Bain-St-Michel
Gratuit

Mode d’emploi : atelier de destruction d’objets de valeur. L’objet apporté est détruit selon un protocole imaginé par son propriétaire.

Remarques : l’Atelier H.S., c’est l’opportunité d’alléger un quotidien surchargé. La phase préliminaire consistant à parler du pourquoi (et du comment, véritable moment de réflexion sur le « moins ») de la destruction de l’objet confié est primordiale. Extrait d’un courrier dans lequel nous apportions des précisions sur les modalités de réalisation du service, en 2003 : « (…) à l’instar de nos autres prestations soustractives, l’Atelier H.S. retire et propose le Beaucoup plus de moins !. Pour défier le phénomène (généralisé) d’accumulation des biens, mais aussi, plus largement, pour réévaluer certaines des chimères que nous associons au mot croissance. En théorie, nos services s’exécutent sans public (c’est-à-dire chez leurs commanditaires, en prise directe avec ceux-ci). Il est arrivé néanmoins, à plusieurs reprises, depuis la création de l’Atelier H.S., que nous mettions le mode d’emploi en pratique dans le cadre contraint d’opérations culturelles de moyenne ou de grande envergure, réalisées dans des lieux publics et destinées à une large audience. Réalisations à contre-emploi, en quelque sorte, auxquelles nous avons parfois consenti uniquement parce qu’elles offraient la perspective de faire connaitre la Moulinette à un très grand nombre d’objets (un goût pour l’excès qui ne nous a pas empêché de rester, dans l’action de détruire, économes et rigoureux). Le dispositif : il consiste en la mise à disposition temporaire d’un espace où l’on peut faire détruire ses biens matériels. Une dizaine de jours avant la rencontre (qui s’établit, en général, sur une ou deux demi-journées), un appel circule sous plusieurs formes (flyers, mise en ligne sur des sites, rumeur). L’appel convie qui le souhaite à venir nous rencontrer, accompagné d’un ou de plusieurs objets destinés à la mise hors service. Sur place : une équipe composée d’un animateur (d’un chef de cérémonie ?) et de trois assistants (bourreaux), un jeu d’outils élémentaires (scie, masse, tenailles etc.), quelques tables (billots) et une poubelle géante. Deux détails essentiels concernant l’exécution : sur cette dernière ligne droite qu’est la perte, la dépossession, le propriétaire invente le scénario de destruction de l’objet qu’il apporte (il a conçu ce scénario d’avance ou s’inspire en regardant les outils). D’autre part, l’objet détruit ne peut être récupéré, il est forcément jeté. Quelques réactions enregistrées lors de réalisations : 1. Une personne X a, avec pertinence, neutralisé l’Atelier H.S. en disant qu’elle ne possédait que des biens dont elle avait en permanence l’usage et ne pouvait, précisément pour cette raison, rien nous confier. En effet : trouvant principalement son sens dans le fait de révéler l’absurdité du superflu, ce projet de dépossession (faire du Beaucoup plus de moins !) ne pourrait (et ne devrait, au risque de devenir immoral ?) être mis en œuvre dans un lieu où l’essentiel manque. Il s’adresse au monde occidental, au monde surchargé. 2. De nombreux participants ont désiré conserver les objets brisés, brûlés, pensant que, en se délivrant d’un objet de valeur, ils pourraient faire l’acquisition d’une œuvre d’art. Mais nous les avons toujours découragés : les objets massacrés ont tous fini à la poubelle, sans exception. 3. Et si c’était beau ? Cherchant à mettre en place des stratégies pouvant contrecarrer la dimension esthétique hautement fascinante de la destruction, nous avons minimisé le plus possible l’acte final (ordinaire en somme) et souligné plutôt ce qui l’anticipait : le dialogue intime et inédit entrepris avec le propriétaire de l’objet(1). 4. Comment distinguer cette action du sacrifice ? »

Parentés : Gustav Metzger (Destruction In Art Symposium) ; Éric Watier (L’inventaire des destructions).
Indispensable : une équipe homogène et modérée.
Propriétaire : FRAC Poitou-Charentes
IKHÉA©SERVICES 2002

(1)    En général, l’objet apporté enclot une histoire. Mais il n’est jamais expressément demandé au commanditaire de la raconter.

Texte complet extrait de Des modes d’emploi et des passages à l’acte, éditions MIX, Paris 2010, pp. 44-45 : http://www.r-diffusion.org/index.php?ouvrage=MIX-38

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Le service H.S. est la propriété du FRAC Poitou-Charentes et a été activé avec l’aimable autorisation de cette institution.

 

IKHEA©SERVICE No. 30 (variante 1)
Acheter/Casser : « Malaise assuré! »
Tout au long de VIVA!, dans de Quartier des Spectacles

Mode d’emploi : sur le lieu de son acquisition, détruisez l’article que vous venez d’acheter.

Six fois Acheter/Casser 
Six acheteurs, formés par Jean-Baptiste Farkas quelques jours avant l’activation du service et dotés chacun d’un capital de 60 dollars, éliront un magasin de Montréal. Dans ceux-ci, les acheteurs se procureront une marchandise qu’ils règleront à la caisse avant de la détruire sous les yeux des caissiers (et/ou gérants de l’établissement), dans le magasin même, en prenant soin de ne rien endommager d’autre que la marchandise acquise. Embrasement souhaité ! : idéalement, cette activation pourrait constituer le point de départ d’une multitude d’activations spontanées d’Acheter/Casser perpétrées à Montréal.

Présenté par DARE-DARE