HERE COMES THE SUN

octobre 4th, 2013
VIVARIUM habitat pour idées grouillantes

– Marie-Claude G. Olivier

 

Dimanche dernier, Victoria Stanton est allée « tirer du gun » au Club de tir de Lachine. Une action inaccoutumée, dans un endroit tout aussi inhabituel. Ainsi, l’artiste a shooté deux silhouettes de papier noir, des cibles qui allaient garder la trace d’une réflexion sur le pouvoir : un processus temporel dans lequel nous prenons des décisions, avons la capacité de faire, mais aussi de changer certaines choses, et dans lequel nous nous responsabilisons (ou non) face à nos actions. C’est suite à cet événement, pour en faire le deuil et pour (re)commencer une nouvelle expérience, que Victoria Stanton a performé avec nous, dans sa ligne de mire, au festival VIVA! art action qui a lieu jusqu’au 6 octobre, au bain St-Michel.

Une chaise sous laquelle est placé un petit paquet de Kleenex, trois feuilles « grandeur poster » face contre terre, une performeuse. Le silence remplit l’espace. Victoria Stanton prend une première feuille qu’elle ne nous dévoile pas tout de suite, et la place au sol devant la chaise. Nous découvrons un portrait, probablement celui de l’artiste, tournée vers un fond verdoyant, contemplatif. Puis, elle retire un autre papier : une silhouette noire fusillée, trouée, qu’elle tient devant elle un moment. Elle la place également au sol. La troisième et dernière feuille, une seconde silhouette qui fut aussi maintes fois perforée, est traversée par la lumière ambiante. Une lumière qui nous rappelle à la fois celle de la première photo. Une lumière que l’artiste bouche de ses doigts, comme pour nous montrer, ce à quoi sert une cible de tir. Comme pour nous expliquer qu’elle a vécu une expérience que je ne saurais qualifier, celle de viser une forme humaine dans la tête, dans le thorax, dans le papier d’exercice. En enserrant à la fois cette dernière « cible-silhouette » ainsi que son corps de ses bras, en prenant le temps de sentir les trous du papier, Victoria Stanton a signifié la gravité du geste, un geste qu’elle ne refera, sans aucun doute, plus jamais. Par la suite, l’artiste prend l’image qui la représente, la première feuille qu’elle a retournée. Face à face avec elle-même, elle se déchire un trou dans la tête, et nous regarde longuement à travers celui-ci, avant de redéposer la feuille au sol. Puis, Victoria Stanton prend place sur la chaise, immobile telle une posture de tir, déterminée.

La suite sur VIVARIUM, au http://projetvivarium.org/news/2013/10/4/here-comes-the-sun

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